DW 07x06 - The Bells of Saint John



L'attente est terminée, tout le monde à bord du TARDIS ! Avec The Bells of Saint John, Doctor Who entame la seconde et dernière partie de la Saison 7. Après avoir perdu les Ponds, à tout jamais, le Docteur a fait une intrigante rencontre: celle de Clara, une jeune femme qu'il a croisé par deux fois, à différents points de l'espace et du temps. Plus étrange encore, les deux rencontres se sont achevées dans la douleur, avec la mort de la jolie brune. C'est dans une Londres contemporaine que le Seigneur du Temps retrouve une troisième fois cette énigme vivante. Une Londres moderne et donc, par conséquent, entièrement baignée dans les ondes Wi-Fi. Ce contexte est l'occasion idéale pour moderniser les intrigues de Doctor Who, car quelque chose se cache dans le Wi-Fi. Quelque chose de dangereux, bien évidemment.

C'est parti pour un épisode rythmé en diable, sorte de course effrénée dans les rues londoniennes, agrémentée par un jeu de références aussi cohérentes que divertissantes. Steven Moffat est aux commandes de cet épisode, et ça se voit. L'épisode s'ouvre sur un jeune inconnu qui profère une mise en garde au spectateur. "Don't Clic". Clin d'oeil évident au célèbre "Don't Blink", présent dans un autre épisode de Steven Moffat. Ici, le scénariste s'accapare une action banale (cligner les yeux, puis cliquer sur une souris), pour en faire quelque chose d'angoissant, de menaçant. Plus loin dans l'épisode, le Docteur se change. L'occasion de voir défiler plusieurs accessoires représentatifs d'ères désormais révolues, tels qu'un fameux noeud-papillon ou l'incontournable fez. Il y a aussi un petit hommage à Amelia Williams, dont le nom apparaît sur le roman que lit l'un des personnages secondaires de cet épisode, intitulé "Summer Falls". D'ailleurs, pour l'anecdote, le livre sera disponible numériquement sur le site de la BBC, tandis que les personnages de Sherlock et Watson apparaissent sur la couverture (le duo principal de l'autre série phare de Moffat). Cependant, le TARDIS reste la grande star de cet épisode. Ce n'est pas pour rien qu'il prête son nom au titre de cet épisode. "Saint John" désigne en effet cette bonne vieille cabine bleue, encore un tour de force de la part de Steven Moffat, passé maître dans l'art de tromper les fans. On remarquera que ce n'est pas la première fois que le scénariste joue avec l'attente des gens, en communiquant des titres d'épisodes bien mystérieux. Let's Kill Hitler, dans la Saison 6, jouissait des mêmes artifices, l'événement décrit par le titre étant mis de côté après les premières minutes de l'épisode. D'ailleurs, l'emblème "St. John Ambulances" était déjà présent sur le TARDIS, de 1963 à 1966. Un détail qui ravira les fans de la première heure.

Techniquement, l'épisode tient la route. On savait que depuis la Saison 5 un gros effort avait été fait sur la direction artistique et la finition des épisodes, c'est encore plus probant cette année. Certains plans sont ingénieux et originaux. L'épisode s'ouvre avec une séquence qui présente différentes personnes, éparpillées dans le monde entier, en train de se connecter à des réseaux Wi-Fi. Pour illustrer cet échange d'informations, des données écrites défilent sur l'image, et rappellent la mise en scène appliquée sur la série Sherlock. Cet effet permet de dynamiser et de moderniser une mise en scène parfois un peu trop classique. D'autres scènes sont originales, comme le plan séquence qui voit la caméra pénétrer dans le TARDIS, avant de ressortir dans un nouvel endroit. On se doute bien qu'il y a une coupure, lorsque Clara passe devant l'écran, mais ce n'est pas vraiment flagrant. Cet effet apporte un peu de magie à l'épisode. Au niveau des effets spéciaux, les ennemis de The Bells of Saint John n'ont pas à rougir. Robots réceptacles à l'apparence simulée humaine, l'arrière de leur crâne laisse place à un trou béant rempli de circuits informatiques. Tout bête mais encore une fois efficace. D'autres scènes sont plus spectaculaires, comme la fantastique scène de l'avion qui va s'écraser sur le quartier où se trouve le Docteur et Clara, ou encore, bien sûr, l'ascension du bâtiment "The Shard", à l'aide de la moto anti-gravité. Du grand Doctor Who, kitch et épique à la fois.

Du côté de la menace de cet épisode, on retrouve avec surprise et plaisir l'ennemi déjà présent dans The Snowmen, à savoir la Grande Intelligence. Celle-ci se dessine comme l'antagoniste principal de cette seconde partie de saison, et c'est tant mieux, car l'ennemi avait été un peu expédié dans l'épisode précédent. La fin de l'épisode démontre que cet ennemi procède toujours de la même façon, en s'emparant de l'esprit de jeunes enfants. Ni vaincue, ni capturée, la Grande Intelligence fera certainement bientôt son retour. Cependant, The Bells of Saint John se concentre aussi et surtout à introduire, une bonne fois pour toutes, la nouvelle compagne du Docteur: Clara Oswald. Le petit jeu des références reprend d'ailleurs son cours, via la présence de la phrase récurrente "Run, you, clever boy", ainsi que de la naissance du pseudo de la demoiselle, "Oswald for the win, Oswin". La trame principale se dilue tout au long de ces épisodes, et nous n'aurons nos réponses qu'à la toute fin. En attendant, quelques indices aiguillent nos esprits, noyés dans des épisodes indépendants rythmées et agréables. La narration se veut plus étalée dans cette saison que dans la précédente, on peut même ressentir une influence de l'ancien showrunner, Russell T. Davies. Cette nostalgie est bienvenue, à l'approche du cinquantenaire.

Du côté des compositions sonores, il fallait bien marquer le coup. Impossible de ne pas se délecter face à la simplicité, la douceur et la sincérité du thème de Clara. Bien loin de la mélancolie qui émanait du thème d'Amy, celui-ci possède une touche d'espoir et de "renouveau". Un thème très touchant, à l'image du personnage finalement, réellement attachant. On trouve aussi des thèmes dynamiques, axés sur les percussions et quelques effets synthétiques, qui confèrent à l'épisode une pèche d'enfer. Le thème du Docteur est également toujours présent, remixé lors de certains passages, ou détournés comme lors de l'ascension en moto. Les compositions de cet épisodes sont très diversifiés, on sent un réel investissement de la part du compositeur, qui s'améliore de saison en saison. Cet épisode d'introduction fait un peu office d'épisode somme de la part de Moffat. On retrouve plusieurs segments de ses anciennes créations dans cet opus, comme le fait de pouvoir télécharger des consciences humaines dans un monde digital, les phrases récurrentes telles que le "I don't know where I am", ou bien l'aspect des ennemis. Enfin, l'épisode est très dépaysant, via la présence de plusieurs lieux, aussi bien en intérieur qu'en extérieur, ce qui fait de cette aventure une véritable bouchée d'air frais.

En abandonnant les sauts dans le temps intempestifs et les aspects les plus torturés de ses scripts, Steven Moffat aborde une simplicité salvatrice. The Bells of Saint John est un épisode frais et direct, qui pose de nouvelles bases concernant l'avenir d'une série en perpétuelle mutation. L'esprit en constante ébullition du scénariste permet d'apporter à cette intrigue linéaire une multitude de petits détails et d'idées réellement excellentes (la cible lumineuse pour l'avion, les dialogues hilarants, les références en pagaille !). Le nouveau duo s'annonce rocambolesque, grâce à un Docteur toujours aussi génial et une Clara au caractère bien trempé. Maintenant que les enjeux, les bases et les personnages sont dessinés, les choses sérieuses pourront commencer dans le prochain épisode, The Rings of Akhaten.

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